Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir en léger repli vendredi, les investisseurs paraissant vouloir finir tranquillement une semaine marquée par la tonalité plus agressive de la Réserve fédérale américaine concernant d'éventuels resserrements monétaires à venir. D'après les contrats à terme, le CAC 40 parisien pourrait perdre autour de 0,2%, le DAX reculerait de 0,3% à Francfort et l'Euro STOXX 50 céderait 0,4% environ.
Les intervenants semblent vouloir reprendre leur souffle alors que certains indices comme le DAX et l'Euro STOXX 50 viennent d'aligner cinq séances consécutives de progression.
Toujours porté par la perspective d'une accalmie au Moyen-Orient, le CAC a lui enchaîné quatre séances de hausse sur cinq, une dynamique favorable qui lui permet de s'octroyer, pour l'instant, quelque 2,8% sur la semaine.
Kevin Warsh prépare une rupture
Le marché n'a pas été surpris par la décision de la Fed, mercredi, de laisser ses taux d'intérêt inchangés, une mesure qui s'est accompagnée d'un changement de communication radical de la part du nouveau président de l'institution, Kevin Warsh.
Au-delà de ce virage symbolique, Kevin Warsh semble avant tout concentré sur le retour de l'inflation vers l'objectif de 2% de la Fed, ce que les marchés ont interprété comme un signal restrictif.
Les investisseurs continuent de parier que la banque centrale américaine relèvera ses taux d'ici à la fin de l'année, près de 40% des opérateurs de marché anticipant même une première hausse en juillet, selon l'outil FedWatch du CME.
Le risque géopolitique s'estompe au profit d'un cadre idéal
Sur le front diplomatique, la Maison Blanche a annoncé dans la nuit que le vice-président américain, J. D. Vance, ne se rendrait pas en Suisse ce week-end, ce qui signifie que la poursuite des négociations avec l'Iran va devoir être reportée.
Mais les traders préfèrent se concentrer sur le fait que le protocole d'accord entre Washington et Téhéran est maintenant paraphé, ce qui va permettre de mettre un terme aux hostilités et de favoriser une réouverture du détroit d'Ormuz, un élément qui constituait leur gros point d'inquiétude depuis le début du conflit.
"La configuration actuelle ressemble en tout point à notre scénario idéal", commentent ce matin les analystes de Danske Bank. "Les indicateurs économiques sont très solides, le front géopolitique s'apaise et le plongeon des cours du pétrole dissipe les tensions inflationnistes et, par conséquent, les craintes liées aux banques centrales", souligne la banque danoise.
Une fin de semaine atone en perspective
L'absence de catalyseurs et de statistiques de premier plan pourrait néanmoins se traduire par une séance très calme ce vendredi, avec des investisseurs d'autant moins enclins à prendre des initiatives que les marchés américains resteront fermés pour célébrer la journée de commémoration de la fin de l'esclavage (Juneteenth).
Les trois principaux indices de Wall Street ont fini en hausse jeudi. Si le Dow Jones ne grappillait au final que 0,1%, le S&P 500 s'adjugeait près de 1,1% tandis que le Nasdaq 100 bondissait de 2,5% grâce à l'inscription de nouveaux records sur le "SOXX", l'indice de référence du secteur des semi-conducteurs.
La Bourse de Tokyo n'est pas parvenue à suivre l'élan haussier impulsé par New York en raison du raffermissement du yen face au dollar. L'indice Nikkei perdait 0,5% en fin de journée.
Modeste sursaut des cours du brut, les taux sous contrôle
Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans cède 1,2 point de base, à 4,4510%, le reflux des anticipations d'inflation dû à la chute des prix pétroliers l'emportant pour l'instant sur le discours moins accommodant de Kevin Warsh.
Affecté par une croissance économique fragile et par une Banque centrale européenne (BCE) dont la marge de manoeuvre apparaît limitée, l'euro poursuit son recul face au dollar, dans la zone de 1,1435.
Le marché pétrolier continue de pâtir des perspectives d'amélioration de l'approvisionnement, ce qui maintient les cours à des planchers de plus de trois mois.
Après sa dégringolade des dernières séances, le Brent se reprend un peu, progressant de 0,5% à 80,3 dollars le baril , tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) rebondit de 1,5% à 77,7 dollars.
"A terme, l'amélioration des perspectives au niveau de l'offre devrait continuer à peser sur les cours. Néanmoins, le processus de normalisation s'annonce progressif, ce qui est de nature à freiner le rythme de la correction. Ce biais baissier doit donc être piloté avec prudence", prévient Konstantinos Chrysikos, le directeur de la relation client chez Kudo.com, une plateforme de trading en ligne.
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